[OPINION] ¦ LES BOULOU NE DOIVENT PAS ACCEPTER PORTER L’ÉCHEC DU RÉGIME BIYA.

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Le droit pénal repose sur un principe fondamental essentiel: punir ceux qui violent les normes et les règles établies par une société. Car une société est construite sur un consensus qui vise à rassembler les intérêts collectifs. C’est le respect des lois et des règles dans la société qui fondent le vivre ensemble.

Quelque soit ce qui s’est passé à Sangmelima, rien ne justifie qu’un groupe de bandits sous prétexte qu’ils prétendent protéger une communauté décident de tabasser et de piller les biens des BAMOUN, des Bamileke et des Haoussa. A ce moment ceux qui prétendent se faire justice deviennent automatiquement des hors la loi et doivent être arrêtés et punis par l’Etat. Car la mission de l’Etat est de faire appliquer les lois qui organisent et régulent le vivre ensemble dans une communauté. Lorsque l’Etat n’applique pas la loi il crée ce qu’on appelle le régime de l’impunité.

Mais, il faut aller plus loin dans l’analyse des évènements de Sangmelima pour comprendre que le vrai problème d’une partie de nos frères BOULOU c’est leur refus de tenir Paul Biya pour responsables de leur précarité, leur sous scolarisation et l’insécurité dont ils souffrent. Les étrangers qu’ils appellent allogènes deviennent les boucs émissaires.

Tenez, à la source des affrontements intercommunautaires à Sangmelima, il y a l’assassinat d’un moto Taximan BOULOU nommé ESSAM BELINGA Benjamin. Dans un premier temps ils ont accusé les BAMOUN mais il s’avère que le suspect arrêté pour ce crime est un BOULOU et est le beau frère du défunt: MEFOUA WILFRIED. Il y a là une distorsion des faits et une volonté de faire des BAMOUN les bouc émissaires. Le pillage des boutique des Bamileke et HAOUSSA par la suite atteste à suffisance que ces actes criminels reposaient sur un ensembles de considérations tribales et étaient prémédités.

Or, le devoir d’un État est d’assurer la sécurité des biens et des personnes. Pour cela, il est doté d’instruments et de moyens nécessaires tels que la police, la gendarmerie et la magistrature. C’est ce qu’on appelle le système pénal.

Face à la montée de l’insécurité à Sangmelima qui ne peut pas être le fait d’une communauté, pourquoi s’en prendre aux BAMOUN au lieu de se référer aux institutions qui ont le devoir d’assurer la sécurité des populations? Aucun citoyen n’a le droit de se faire justice. Car aux fondements de l’Etat de droit se situe la nécessité de sortir de l’Etat sauvage.

Il faut donc lire ce désir de vengeance par le fait qu’ils sont nombreux nos frères BOULOU qui n’ont pas encore séparé la tribu de l’Etat. Ils confondent l’Etat à la tribu, ils ne savent même pas pour beaucoup ce que s’est qu’un État et vivent les problèmes auxquels leurs communautés sont confrontés, subissent l’incompétence du régime de Paul Biya non pas comme étant des défaillances institutionnelles mais comme des agressions externes.

Il n’y a pas de réconciliation sans justice. Et la justice suppose que les auteurs d’actes punis par la loi soient arrêtés, jugés et sanctionnés d’une part et que les victimes soient dédommagés. Le sens du dédommagement des victimes en droit ne vise pas seulement à réparer le tort commis à la personne mais aussi à rassurer ceux qui ont décidé de se conformer à la loi. C’est à l’Etat à travers le système pénal de rendre donc justice et de consolider le vivre ensemble.

En laissant en liberté les auteurs des pillages et des violences contre les allogènes, l’Etat du Cameroun ne crée pas seulement un précédent grave à l’échelle nationale, il justifie la rhétorique des extrémistes Bulu qui n’hésitent pas de souligner de manière arrogante mais en toute ignorance: “ Après Biya, c’est Biya. Bia Ke Bia bo jom e teke bo”.

Or l’Etat du Cameroun n’appartient à aucune ethnie et personne n’a fait le moindre cours pour naître où il est né. Nous devons défendre la République jusqu’au bout.

 

Aux BOULOU modérés , vous ne devez à aucun moment vous rendre complices de l’effondrement du Cameroun orchestré par un groupuscule d’individus au service d’un homme: Paul Biya. Dites simplement: Not in my name.

BORIS BERTOLT

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