FAUX REMÈDES ET CONSEILS CONTRE LE CORONAVIRUS CIRCULENT SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

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En règle générale, considérez que tous les traitements que vous voyez circuler sur les réseaux sociaux et qui ne proviennent pas de sources officielles sont faux, inefficaces et parfois dangereux.

Santé et Science Venons-en aux faits

Camille Lopez 16 mars 2020

La semaine passée, L’actualité a demandé à ses lecteurs de lui signaler les fausses informations qui circulent sur la COVID-19. Le nombre de réponses, de messages et de questions est sans précédent.

Ce n’est pas idéal, mais il faut faire un tri. D’autres articles de vérification des faits suivront celui-ci.

La priorité, en ce moment, est de remettre les pendules à l’heure au sujet des fausses informations qui ont déjà causé des dégâts : les conseils inutiles, les astuces dangereuses et les faux remèdes.

Règle générale, considérez que tous les traitements que vous voyez circuler sur les réseaux sociaux et qui ne proviennent pas de sources officielles sont faux, inefficaces et parfois dangereux. Pour l’instant, il n’existe aucun remède spécifique au coronavirus.

Les soins offerts dans les hôpitaux ou dans les établissements de soins de santé sont plutôt des traitements de support, peut-on lire sur le site Internet du gouvernement du Québec.

D’où proviennent ces fausses nouvelles ?

Une lectrice m’a fait parvenir une chaîne de lettres qui circule abondamment dans les boîtes de courriels. On peut y lire une liste étoffée de prétendus conseils de la médecin italienne Lidia Rota Vender pour vaincre et prévenir le coronavirus. Ces astuces peuvent être retracées au site italien www.trombosi.org, qui fait de la sensibilisation sur les maladies cardiovasculaires.

En fouillant, on se rend rapidement compte que ces mêmes conseils ont été copiés et collés sur plusieurs plateformes. Vous retrouverez donc ces astuces sur Facebook, Twitter et WhatsApp, par exemple.

Pour donner du poids à sa liste de conseils, le site italien nomme comme sources deux articles scientifiques. Toutefois, aucun des conseils nommés sur le site italien ne sont mentionnés dans les deux articles.

Attention : Selon le courriel ou la publication, ces mêmes conseils sont aussi attribués à l’UNICEF, à un « médecin japonais », à des « amis médecins » et à des « médecins actuellement sur le front de lutte contre le virus ».

Bain chaud, eau chaude, chaleur et eau glacée

Conseil #1 : « Le virus ne résiste pas à la chaleur et il meurt s’il est exposé à des températures de 26-27 °C. Il est donc très important de consommer durant la journée toutes les boissons chaudes possibles comme le thé, tisane, bouillon, soupes ou simplement de l’eau chaude. Le liquide chaud neutralise le virus et il n’est pas difficile de les absorber. »

Conseil #2 : « Pour ceux qui le peuvent, il est important de s’exposer le plus possible au soleil en accord avec vos conditions climatiques actuelles. »

Conseil # 3 : « Prendre un bain chaud pour tuer le virus. »

Ces conseils sont faux, explique la médecin Sally Bloomfield de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, interrogée par la BBC. « Quand le virus est dans votre corps, il n’y a pas de moyen de l’éliminer. Le corps doit s’en charger », indique-t-elle au média britannique.

À ce qu’on sait, en dehors du corps, il faut des températures d’environ 60 °C pour tuer le virus, ajoute-t-elle. Impossible (et vraiment pas souhaitable), de faire grimper sa température corporelle grâce à un thé, un bain ou une exposition normale au soleil.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a d’ailleurs directement démenti le troisième conseil. « Prendre un bain chaud n’empêche pas de contracter la COVID-19. La température du corps reste normale, entre 36,5 °C et 37 °C, quelle que soit celle de votre bain ou de votre douche. Par ailleurs, il peut être dangereux de prendre un bain très chaud à cause du risque de brûlure », lit-on.

Le compte Twitter de l’OMS aux Philippines a aussi indiqué que « si rester hydraté en buvant de l’eau est important pour la santé en général, le geste ne prévient pas d’être contaminé par le coronavirus ».

Conseil # 4 : « Surtout éviter de boire de l’eau glacée ou de sucer des glaces ou glaçons ou la neige pour ceux qui sont à la montagne, en particulier les enfants. »

C’est faux, a déclaré dans un communiqué la directrice générale adjointe de l’UNICEF, Charlotte Petri Gornitzka. C’est que si ce conseil est devenu viral aussi rapidement, c’est qu’on l’attribuait faussement à l’organisme.

« Un message trompeur diffusé récemment sur Internet dans plusieurs langues, circulant dans le monde entier et se présentant comme une communication de l’UNICEF semblait indiquer, entre autres, qu’éviter les glaces et les aliments froids permettait de prévenir l’apparition de la maladie. Bien entendu, c’est complètement faux. »

Conseil #5 : « Le coronavirus, avant d’arriver aux poumons, reste dans la gorge pendant quatre jours et la personne a mal à la gorge et tousse. Si la personne boit souvent de l’eau et se gargarise avec de l’eau chaude, du sel et du vinaigre, elle éliminera le virus. »

Conseil #6 : « Se rincez le nez avec de l’eau salée protège contre le coronavirus. »

Plusieurs images et publications affirment que le virus reste dans la gorge pendant quatre jours. Pour l’éliminer, certains recommandent de se gargariser avec une solution désinfectante et d’autres avec de l’eau salée.

Attention ! Les autorités canadiennes et québécoises et l’OMS ne recommandent nulle part de se gargariser pour prévenir la contamination. Aucune mention, d’ailleurs, d’un virus qui reste dans la gorge pendant quatre jours. Le 10 mars dernier, des chercheurs ont estimé dans Annals of Internal Medicine que la période d’incubation médiane du virus, soit le délai entre la contamination et les premiers symptômes, était de cinq jours.

L’OMS a fait le point sur un conseil similaire : se rincer le nez avec une solution saline. « Rien ne prouve que le fait de se rincer régulièrement le nez avec une solution saline protège les gens contre l’infection par le nouveau coronavirus. Il existe quelques éléments probants indiquant que cette pratique peut aider les gens à se remettre plus rapidement d’un rhume ordinaire. Cependant, il n’a pas été démontré que le fait de se rincer régulièrement le nez permettait de prévenir les infections respiratoires », peut-on lire sur le site de l’organisation.

Précisons d’ailleurs que les personnes infectées ne présentent pas toujours de symptômes alarmants. Déclarer qu’elles ont toujours mal à la gorge et qu’elles toussent dans les quatre premiers jours est donc, aussi, faux

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