DRAME DE NGOUACHE, LES NON-DITS DE LA CATASTROPHE. (Enquêtes de la Rédaction)

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Depuis la nuit du 28 au 29 Octobre 2019, Ngouache, un quartier à Bafoussam 3, bloc 6, dans le département de la Mifi région de l’ouest, est devenu le quartier le plus célèbre du Cameroun dans le monde. Cette triste célébrité est la suite d’un éboulement de terrain qui a coûté la vie à de nombreuses familles.

Tout allait bien cette journée du 28 Octobre, les enfants sont allés et revenus de l’école, les parents sont allés et revenus du boulot, le soir est arrivé comme tous les jours, les familles sont au lit s’apprêtant à dormir, d’autres déjà endormies, il est presque 22h, tout est calme et tout d’un coup, un bruit assourdissant. On croyait à un avion qui s’écrase ou une bombe qui explose, non ! Cest un petit monde qui s’effondre sur lui-même. Un petit monde bâti en presque 40 ans, qui n’a pas eu besoin de 40 minutes pour s’effacer de dessous le soleil; Le bloc 6 du quartier Ngouache dans l’arrondissement de Bafoussam 3 est devenu un amas de terre, de bois, de matelas, d’ustensiles de cuisine, de fournitures scolaires, d’animaux et de produits d’élevage, mais plus tristement de corps dhommes de femmes et denfants inertes, gisants dans de la boue, coincés entre les tôles lattes et autres ces corps sans vies qui étaient quelques heures avant pleines de vies et en bonne santé.

Des familles polygames de 14 personnes parties en quelques minutes sans laisser de traces ni de descendance. Des femmes enceintes et presque à terme qui sont mortes. Des couples nus sur le lit retrouvés morts. Ces morts au nombre de 43 étaient majoritairement des ressortissants de la Menoua et de Bamboutos. Ils sont nés à Ngouache, ils y ont grandi, ça fait des dizaines d’années qu’ils habitent cette zone mentionnée dans les archives du cadastre comme non habitable. La zone est une montagne dont la vue est effroyablement vertigineuse. La vue du haut de la montagne comme du pied donne des sueurs froides. Une montagne semblable à celle du Mont-Cameroun, mais ces Camerounais, d’après les commentaires recueillis sur les lieux par les reporter de plus-dinfos.com, étaient très courageux pour oser se construire sur une montagne comme celle-là. « Il faut être bêtement courageux pour s’installer dans un endroit pareil » disaient-ils. Certaines personnes accusaient la pauvreté, ce qui justifierait le choix de cette zone ou les terrains sont très moins chers. Mais ces mêmes personnes étaient tout de suite reprises par d’autres qui, pointant du doigt sur celles des maisons bâtis en dur et même en étage, avec des fondations en pierres, rappelaient qu’il n’est pas question de pauvreté financière, mais d’esprit. Certains rescapés interrogés accusaient la sorcellerie. Comment depuis 30 ans que nous sommes ici rien ne nous est jamais arrivé et c’est maintenant que ça arrive, s’interrogeaient elles ?

En effet, c’est une partie de la montagne essentiellement argileuse qui s’est détachée de son flanc, entraînant avec elle toutes les maisons contenues dans cette surface. Elle était 14 maisons au total, en dur et en terre battue, qui ont été bousculées par l’éboulement vers le pied de la montagne qui chute sur un ravin (des corps y sont encore enfouis). Près de la moitié de ces maisons étaient annexées de porcheries et de poulaillers, la pratique de l’élevage est une tradition au bloc 6 de Ngouache.

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Toutes ces maisons détruites et enterrées voire disparues désormais, contenaient 14 familles dont plus d’une centaine de personnes; 43 mort dont 35 formellement identifiés, les autres morts ont été déchiquetés pendant l’extraction et donc non identifiables, d’autres complétement aplatis dans la chute. Parmi ceux identifiables, certains sont morts sur la route de l’hôpital ayant passés plus de 24 h sous les décombres. Les disparues et donc introuvables sont ceux dénombrés par déduction avec l’aide du chef de bloc qui, d’après les reporters de plus-dinfos.com, était très connu pour sa rigueur et la parfaite maîtrise de son bloc de responsabilité. Ce témoignage a été prononcé par le Gouverneur de lOuest en pleine réunion devant la délégation interministérielle et les medias.

Les enterrements des corps sont prévues pour le 09 Novembre, le temps pour le gouvernent de rechercher les autres corps.

Sur les lieux en ce moment, les fouilles continuent, les équipes du génie militaire et leurs engins sont joints aux équipes du corps des sapeurs-pompiers journellement pour poursuivre les fouilles, les équipes de la Gendarmerie sont aussi présents pour sécuriser les lieux.

Il faut rappeler que les premiers secouristes étaient des personnes courageuses et volontaires qui se sont détachées des habitants des coins.

Plusieurs personnalités s’y rendent pour manifester leur empathie en dons et en paroles.

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Les populations traumatisées abandonnent leurs maisons, ces maisons déjà marquées par des croix de Saint André pour annoncer un imminent déguerpissement. Interrogés, certains quittent par traumatisme, ne pouvant plus supporter le souvenir de l’effroyable scène vécu l’autre soir. Mais d’autres, parce que le gouvernement a décidé de tout détruire parce c’est une zone à risque et inhabitable. Une fois les travaux terminés et les maisons détruites, le gouvernement y fera planter des arbres afin d’en faire une forêt. Il est à rappeler que ces populations attendent dans le désespoir les 200 millions débloqués par le président Paul Biya la semaine dernière. « Oui c’est bien ce que le président a fait mais est-ce ça va arriver à destination ? » s’interroge une des victimes.

Le MINAT Atanga Nji a rappelé devant les médias et les riverains de Ngouache lors d’une réunion le 30 Octobre, que tous les blessés sont pris en charge par l’état ainsi que les Obsèques des morts. Personne n’a rien à dépenser concernant cette catastrophe en dehors du gouvernement, tout est pris en charge jusqu’aux transports et la nourriture des malades ou des funérailles.

Une sommes de 25 millions a été déboursée le 29 Octobre pour couvrir les premières nécessité des suites du drame, un somme d’un millions offert comme frais de transport au riverains ayant répondu présent à l’invitation du gouvernement, 200 millions débloqués par le président Paul Biya et des dons en nature et financier des personnalités publiques qui y font des descentes au quotidien.

La Ministre de L’urbanisme et de L’habitat Célestine Ketcha lors de la même conférence de presse le 30 octobre a rappelé devant les médias que les montagnes sont faites pour amortir le vent et non pour être habités. Cette zone est à risque a-t-elle déclaré. Toutes les habitations contenues dans cet endroit sont à détruire. Elle a séance tenant, Remis entre les mains des maires de Bafoussam 1,2,et 3 des documents indiquant les zones à risque, qui devrait servir de repères à ces maires afin que ceux fassent bien leur travail. C’est à dire déguerpir désormais toutes les habitations anarchiques et non conformes à la réglementation.

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Même si parmi les populations certains se montrent obstinés, d’autres exécutent l’ordre du gouvernement de quitter les lieux sans poser de questions. Une survivante Qui a perdu des membres de sa famille accusaient le laxisme des agents des services municipaux de la zone qui se servait de la croix Saint André pour se remplir les poche et non pour déguerpir les habitants, « Ils viennent ils mettent la croix quils vont détruire, mais quand on leur donne l’argent ils ne font plus rien, lance cette cinquantenaire. Mais jamais ils n’ont été déguerpis.

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Des descentes sur le terrain. Tiriane Balbine NOAH, 2ème Vice Présidente du MRC accompagné de Bibou Nissack, Porte parole, ainsi que plusieurs autres membres du parti étaient sur les lieux pour rendre hommage aux victimes.

L’artiste Maalox était à Ngouache. Parti de Yaoundé, il a voulu se rendre sur le terrain afin de toucher du doigt les inductions de la catastrophe. Tout en larmes, le rappeur camerounais a exprimé son empathie en paroles et en acte. Un dont a été offert à quelques sinistrés rencontrés sur place.

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Maalox le Viber non seulement s’en inspirera pour une chanson à venir, mais fera aussi usage de sa notoriété pour que les sinistrés ne soient pas négligés.

Miss Sud Cameroun, La Sulamithe Engongomo était sur les lieux de l’éboulement (Ngouache, bafoussam 3, bloc 6) pour montrer son empathie. Elle a manifesté ce sentiment par une gerbe de fleur et une bougie qu’elle a déposées sur place.

La miss et ressortissante du Sud-Cameroun se servira de sa notoriété dit-elle, pour mobiliser les autorités et les élites du Sud, afin que par les gestes qu’ils feront l’on retienne que le tribalisme n’est qu’un mot au Cameroun et non une réalité.

plus-dinfos.com / La Rédaction

 

 

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