[CORONAVIRUS] ¦ POUR DÉSINFECTER, LA POLOGNE UTILISERA SA VODKA ET LA FRANCE SON ABSINTHE

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En Pologne, comme en France, les personnels soignants sont en manque de désinfectants.  40 millions de Polonais sont encore relativement peu touchés par l’épidémie de covid-19. Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, 439 personnes ont été testées positives au coronavirus et 5 sont décédées. Ce vendredi soir 20 mars, le Premier ministre a annoncé la fermeture prolongée des écoles jusqu’à Pâques, le 10 avril. Sur place, face au manque d’équipements de protection et de gel hydroalcoolique, c’est la boisson nationale, la vodka, qui va servir de désinfectant.

Plutôt que de la conserver comme preuve dans des affaires criminelles, ou de la détruire, autant l’utiliser… Quelque 430 000 litres de vodka et d’alcool pur de contrebande, produits illégalement et saisis par les douanes et les services de police, vont être utilisées pour lutter contre le coronavirus, rapporte notre correspondant à Varsovie, Thomas Giraudeau.

Elle sera pulvérisée dans les hôpitaux, les bâtiments, bus, tramways ou métros potentiellement infectés. Elle sera aussi donnée aux forces de l’ordre : aux policiers comme aux gardes-frontières.

Rumeurs incitant à boire de l’alcool fort pour se protéger du virus

Environ 2 500 litres de vodka ont déjà été livrés à des hôpitaux du nord-est du pays par les douanes locales, et quelque 1 000 litres aux pompiers dans cette région. C’est là-bas, à la frontière avec la Lituanie et la Biélorussie, que beaucoup de distilleries clandestines sont régulièrement démantelées.

Mais attention, cette vodka ne sera que pulvérisée ! Des rumeurs ont circulé ces derniers jours, incitant les gens à boire de l’alcool fort pour se protéger contre le coronavirus. Cela ne sert à rien. Au contraire, cela affaiblit les défenses immunitaires. Et pas question non plus de désinfecter des plaies ou de se laver les mains avec de la vodka. Elle provoque des irritations.

L’absinthe cédée aux hôpitaux, comme pendant la Libération en 1944

La Pologne n’est pas la seule à utiliser son eau de vie. En France, des distilleries du Doubs et de Haute-Saône ont décidé de céder une partie de leurs stocks d’alcool pour permettre la fabrication du gel hydroalcoolique nécessaire aux professionnels de santé pour se protéger du coronavirus.

Exemple avec la distillerie Armand Guy de Pontarlier (Doubs), capitale française de l’absinthe. Elle a décidé de céder « au prix d’achat » 3 000 litres de son stock d’alcool à 96 degrés à des fabricants de gel hydroalcoolique et à des pharmaciens, avec l’accord des douanes, a indiqué le patron de l’entreprise, François Guy, interrogé par l’Agence France-presse.

« Mon grand-père me racontait que pendant la Libération, il y avait beaucoup de blessés, aussi bien français qu’allemands, et l’hôpital manquait d’alcool pour désinfecter, a justifié François Guy. Il avait alors donné ses derniers stocks d’alcool à l’hôpital. » Le distillateur fera don de 400 litres de gel hydroalcoolique, produit avec son alcool, à l’hôpital de Pontarlier.

 

Soutien de plus grande envergure

Autre exemple à Fougerolles-Saint-Valbert (Haute-Saône) : la distillerie d’eaux-de-vie et d’absinthe Paul Devoille a fourni de son côté depuis la fin de semaine dernière « à prix coûtant » 500 litres d’alcool à 96 degrés aux pharmacies. Les officines les transforment en gel ou en solution hydroalcoolique après avoir ramené la teneur en alcool « entre 70 et 75 degrés », a expliqué à l’AFP Hugues de Miscault, le dirigeant de la société.

Ce « dépannage » pourrait déboucher sur un soutien de plus grande envergure, selon le dirigeant de la société de 19 salariés, qui a pris contact avec l’Agence régionale de santé (ARS).

 

(Avec AFP)

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