🔵[ÉDITORIAL] ¦ AUTORITÉS CAMEROUNAISES : DANS QUEL REGISTRE DE VALEURS INSCRIVEZ VOUS LES IDÉAUX DU CAMEROUN ?

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Hier en fin de journée à Douala, les FMO (Forces de Maintien l’Ordre) ici représentées par la gendarmerie et la police, se sont encore montrées ennemis de la liberté, du droit et de la justice, allant même jusqu’à défier le simbole de ce qui nous restait encore jusqu’ici normal, la justice. Les idéaux de la constitution du 18 janvier ont été foulés au pied par ceux qui devraient en être les sentinelles.

D’ou vient il que dans un tribunal de la république, des armes à feu soient utilisées contre des avocats (quelques soient les raisons), juste pour un malentendu entre hommes de lois et du droit ?… Des hommes qui, sous leurs menteaux non seulement représentent la justice, mais réclamaient juridiquement et pacifiquement un aspect du droit pour leurs collègues qui, peut-être sont répréhensibles au regard de la loi, mais dont ils ne demandaient qu’à leur obtenir une comparution libre.

D’où vient il que pour faire sortir des hommes de droit d’une salle de droit et de justice (Leur lieu de travail), l’on fasse appel à des hommes de violence qui plus n’ont d’oreilles qu’à leurs gâchettes faciles, et à leurs matraques légères. Le rôle de la police et de la gendarmerie étant d’assurer la sécurité des personnes, des biens et des institutions, quel danger à l’ordre public y avait il dans cette salle du tribunal ? Quel danger pour les citoyens camerounais y avait il dans cette salle ? Quel institution a-t-elle été attaquée pour qu’une telle violence s’invite dans la partie ?

D’où vient il que sur l’ensemble du territoire, à la moindre réclamation du peuple, l’on utilise une violence en lieu et place de la discussion et de la patience ? _Autorités, pourquoi ne souffrez vous pas souvent à quelques « injustices » le temps d’une querelle de famille ?_ Dans quel registre de valeurs inscrivez vous idéaux du Cameroun ? Pourquoi la violence à la moindre occasion ?

En société : Des citoyens camerounais marchent pacifiquement pour manifester leur déception, des hommes en tenues tirent sur eux, les brutalisent, les arrêtent ils sont emprisonnés par la suite.

En politique : Des opposants marchent pacifiquement pour des réclamations légitimes, des hommes en tenues les brutalisent, tirent sur eux, et ils sont emprisonnés par la suite.

En éducation : Des enseignants marchent pacifiquement dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest en 2016, et certains à Yaoundé en 2019 pour des réclamations légitimes, ils sont brutalisés, gazés et arrêtés par des hommes en tenues.

En justice : Des avocats manifestent leur ral-le-bol dans les rues du Nord-ouest et Sud-Ouest en 2016, ils se font brutaliser, gazés, battre à coups de matraques.

Hier soir à bonanjo (Douala 1er) Des avocats qui demandaient simplement une mise en liberté sous caution pour leurs deux collègues, ont reçu du gaz lacrymogène, précédé et suivi des coups de feu des armes anti-emeutes, qui ont laissées au passage des blessures graves sur certains et des brûlures de 2ème degré sur d’autres. La scène à l’intérieur du tribunal de bonanjo était un véritable champ de guerre intense, avec une atmosphère noire de fumée et grouillant de coups de feu simultanés. Ce n’étaient pas des prisonniers récalcitrants sortis de leur cellules pour un procès au tribunal qui, dans la foulée ont laissés surgir leurs instincts animals, c’étaient des hommes de droit, défenseurs de la justice, des camerounais qui ont prêté serment, portant des tuniques afin de défendre des causes justes à la fois pour le bien du Cameroun et de leurs concitoyens. C’étaient des bureaucrates, des responsables qui n’en étaient qu’à un pan de leur train train quotidien. Ils se sont retrouvés en plein champ de guerre, comme coincés sous le feu ennemi sans possibilité de riposte _Comment riposter, alors qu’ils ne venaient pas au tribunal pour livrer une bataille contre qui que ce soit, pourtant dans le camp adverse, ça semblait être le cas_ ils ont été envahi par une multitude de gendarmes et de policiers armés et engagés dans une violence qui n’en faisait squ’à sa tête.

Pourquoi ce laisser aller systématique et sans concession à la violence contre le peuple et ses représentants ? Tout porte à croire que le peuple n’a plus droit à rien dans ce pays, et que tout appartient de manière absolue au gouvernement. L’on devrait seulement la fermer et subir, ou tout au plus faire souvent semblant de réclamer, mais quand ça devient sérieux, on se tait si non se faire taire.

Ces autres idéaux ajoutés à la constitution camerounaise le 18 janvier 1996, la Fraternité, la Justice et le Progrès sont ils mis en exergue ou simplement ignorés systématiquement ?

Le Cameroun est-il considéré comme une patrie pour tous les camerounais, ou une patrie seulement pour ceux qui sont au pouvoir et leur suiveurs ? Toutes ces questions devraient trouver des réponses par les les garants séculiers de la constitution et des institutions camerounaises, en toutes conscience et responsabilité.

La justice est une institution qui veille au respect des lois et préserve les droits de chacun. Elle fait partie de l’État : c’est le pouvoir judiciaire. La première fonction de la justice est de faire en sorte que tout le monde respecte le droit. À ce titre, l’avocat est investi, au cours de toute procédure judiciaire, d’une double mission d’assistance et de représentation vis-à-vis de ses clients. Il est ainsi le pont entre le juge et le justiciable, ce qui permet une transparence manifeste de la justice, qui est un des idéaux du Cameroun.

Le tribunal n’est ni une gendarmerie, ni un commissariat, c’est la maison des avocats.

Fort de tout ce qui sévit au Cameroun depuis des décennies, et plus grave depuis 4 ans après l’arrivée de la crise anglophone, si Paul Biya ne démissionne pas des ses fonctions avec tout son gouvernement, si les formations des hommes en tenues ne sont pas améliorées, si les institutions du pays ne sont pas revues sous un angle d’amélioration, ce pays se relèvera comme sortant d’un coma profond qui aura duré des siècles. Et après restera en convalescence encore des décennies avant peut-être de s’en remettre totalement…

Le mal est très profond, des avocats ont été agressés à leur domicile.

 

Billy Kolla (plus-dinfos.com)

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